Je suis désolée de ne plus mettre d'images avec les chapitres, mais certains savent peut être que j'ai completement decrocher de Tokio Hotel depuis 6 mois au moin, et donc, j'ai supprimer tous mes dossiers image les concernant.
La video que je met maintenant, est celle que j'aime le plus, peut etre la seule que j'aime encore. nostalgie? peut etre..
Je continue a publier car ce blog, c'est ce qui m'a rapproché de Sahad, nous l'avons construit ensembles,
et même si la publication est fort ralentie, même si le blog se meurt peu a peu,
je ne le laisserai JAMAIS totalement a l'abandon,
[comme Sahad travaille, l'ecrit des fanfiction passe logiquement apres, c'est pour cette raison aussi que la publication a du etre ralentie, pour ne pas trop lui mettre la pression ^-^]
même si je dois moi même ecrire des histoire pour le remplir et le garder en vie
(bon.. peut etre pas car ca ferait fuir tout le monde definitivement ^^')
mais sachez en tout cas que SSF ne sera jamais hors service.!
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Chapitre 6 :
Bill avait les yeux grands ouverts dans l'obscurité et fixait le mur près de son lit. Son frère n'était pas là. Il pouvait le sentir. Cela faisait à présent plusieurs nuits que son jumeau et lui faisaient chambre à part ; le jeune chanteur aurait souhaité continuer à partager le même lit, car il y puisait un certain réconfort, mais son ancien guitariste avait été formel : il ne serait pas souvent à la maison et ne pouvait pas le réveiller à chaque fois qu'il sortirait ou arriverait. Mais cette attention n'avait fait qu'attiser un peu plus l'inquiétude du jeune brun.
Que faisait Tom ? Il savait qu'il travaillait dans un magasin, mais après ? Le reste du temps, où était-il ? Peut-être qu'il avait trop besoin de lui et que le dreadeux s'était senti étouffé ? Peut-être qu'il passait toutes ses nuits dehors avec des amis... Bill ne savait pas, et plus les suppositions affluaient, plus il s'enfonçait dans un état de peine proche de la déprime. Etait-il donc si encombrant ? Un nouveau soupir lui échappa et il se redressa dans son lit : rester couché ne changerait rien à sa situation.
Un bruit attira son attention. Tom était rentré, il le savait. Il écouta attentivement chaque bruit, aussi ténu soit-il ; son jumeau s'arrêta quelques secondes à peine devant la porte de sa chambre pour finalement aller dans la sienne, se laissant probablement tomber sur son lit. Le jeune brun fronça légèrement les sourcils et jeta un coup d'½il en direction de son réveil digital : il était 04h43. Le jeune garçon fronça un peu plus les sourcils : était-ce bien raisonnable pour son frère de rentrer à une heure pareille alors qu'il devait se lever à 06h30 pour se préparer et aller travailler ? De plus, ce n'était pas la première fois que ça arrivait... Cela allait bientôt faire une semaine. Mais que se passait-il donc dans la tête de son jumeau ? Et surtout pourquoi ne lui disait-il rien ? C'était à peine s'ils se croisaient !
Une nouvelle vague de tristesse mêlée de colère s'abattit sur l'esprit de l'ancien chanteur qui se recoucha brutalement dans son lit, se noyant sous les couvertures : il avait une désagréable sensation de traîtrise. Il ferma ses yeux qui commençaient à le brûler et s'efforça de retrouver le sommeil. Ce que pouvait faire son frère sans lui ne le regardait pas ! Il ne voulait plus chercher à comprendre, étouffant un sanglot silencieux contre son oreiller.
OoOoO
Tom était épuisé. Le réveil l'avait arraché sans pitié de son sommeil, lui laissant l'impression récurrente de n'avoir fermé les yeux que quelques minutes. Son corps le lançait en un nombre conséquent de courbatures et son esprit peinait à retrouver une certaine clarté, à penser logiquement. Il se leva péniblement et marcha lentement jusqu'à la salle de bain pour prendre une douche lorsque le calendrier dans le couloir retint son attention : sa mère avait barré le vendredi...
« On est... Samedi... » comprit-il lentement.
Il ne travaillait pas le week-end. Il réfléchit un long moment pour être sûr de ce qu'il avançait et vérifia la date du calendrier avec celle de sa montre. C'était bien samedi... Un mince sentiment de soulagement s'insinua en lui et il retourna lentement dans sa chambre pour retourner se coucher et dormir comme il ne l'avait encore jamais fait...
OoOoO
« Bill, tu n'as pas vu ton frère ? »
Le jeune brun releva les yeux de sa tasse de café et secoua négativement la tête, accompagnant ce geste d'un haussement d'épaule. Sa mère pinça les lèvres et leva les yeux vers la pendule : ses enfants n'avaient jamais été des lève-tôt, certes, mais il était presque midi et, à part pendant cette semaine de travail, Tom se levait en général à peu près à la même heure que son jumeau. Elle poussa un soupir et alla mettre le chocolat plus très chaud de son fils dans le réfrigérateur :
« Il le boira demain. Je vais préparer le déjeuner. »
Bill hocha doucement la tête et alla s'installer dans le canapé en face de la télévision. Sa mère avait trouvé intéressant qu'il reprenne des études par correspondance pour s'occuper, mais la matinée restait à lui. Il zappa un long moment avant de s'arrêter sur une émission de musique. Il ne l'aimait pas particulièrement mais elle retint tout de même son attention : un groupe se produisait sur le plateau, le chanteur alignant des mots d'un anglais douteux sur une musique assez entraînante.
Remuant légèrement la tête sur le rythme de la musique, le jeune brun remplaça mentalement chacun des musiciens par l'un des membres de son ancien groupe. Il imaginait Georg jouant de la basse, légèrement penché en arrière, un air concentré ; Gustav se déchaînant sur sa batterie à en avoir mal aux mains ; Tom s'amusant à faire crier le public en s'avançant dangereusement sur le bord de la scène et souriant à tout va... Et lui, chantant à pleine voix dans ce micro...
Ses doigts tremblèrent légèrement alors que ses yeux ne quittaient pas l'écran, rendus brillants par les larmes qui lui venaient ; instinctivement, il se mordilla la lèvre inférieure en regardant ce groupe jouer. Il pouvait sentir un n½ud lui tordre le ventre et une boule douloureuse lui obstruer la gorge... Combien donnerait-il ne serait-ce que pour pouvoir chantonner une chanson... Même dans un murmure... Du bout des lèvres... Il se recroquevilla légèrement, les yeux fixés sur l'écran.
La musique attira sa mère qui considéra un moment se spectacle douloureux : elle n'aimait pas voir son fils ainsi. Bien sûr, elle avait souhaité de nombreuses fois d'avoir ses enfants avec elle, chez elle... Mais elle n'aurait jamais cru que son v½u se serait réalisé de la sorte. Un sentiment de culpabilité vis-à-vis de cette pensée plana un instant dans son esprit avant qu'elle ne s'avance jusqu'au canapé et prenne son enfant dans ses bras. L'adolescent se laissa faire, laissant sa mère éteindre la télévision et le bercer un peu contre elle.
« Tu ne devrais pas te faire du mal comme ça, mon poussin... » murmura-t-elle, déposant un baiser sur son front. « Ça ne sert à rien de ressasser. Tu dois avancer... »
Bill hocha doucement la tête, signe qu'il entendait bien mais ne bougea pas davantage, se blottissant dans cette chaleur réconfortante et protectrice, bien que différente de celle qu'il ressentait dans les bras de son frère. Il resta un long moment dans cette douce étreinte avant de laisser sa mère vaquer à ses occupations, le laissant à nouveau seul avec ses pensées ; il aurait aimé passer du temps avec son jumeau puisque celui-ci ne travaillait pas le week-end mais il semblait vouloir battre le record du monde du plus long sommeil. Avait-il donc si peu d'importance à ses yeux à présent pour qu'il ne daigne même pas se lever le week-end ? Ne voulait-il plus le voir... ?
Il reste ainsi sur le canapé, pensif, jusqu'à ce que sa mère l'appelle pour le repas et aille réveiller son frère. Elle ne le lui avait pas demandé... Savait-elle quelque chose ? Le ressentait-elle ? Le jeune garçon préféra écarter ces sombres pensées et se concentrer sur la nourriture encore fumante qui se trouvait sur la table, mais il n'eût guère le temps d'y fixer longtemps son attention car déjà sa mère et son frère arrivaient dans la cuisine. Tom n'était visiblement pas très réveillé, les yeux mi-clos, des cernes sous les yeux et visiblement ailleurs ; il ne répondait que par monosyllabes aux questions de leur mère, bougon. Bill préféra concentrer son attention sur son repas, espérant silencieusement que son frère lui adresserait quelques mots mais plus que ça, c'était la fatigue qu'affichait son jumeau qui le préoccupait... Le dreadeux ne parvenait visiblement pas à tenir une conversation très longtemps ; à peine le repas fini, il se leva et prit le chemin de sa chambre, mais sa mère le rappela :
« Tom ! Tu vas tout de même pas passé ta vie à dormir ! Va donc te laver ! »
Le châtain soupira mais ne releva pas et se traîna jusqu'à la salle de bains. Bill observa la scène et une nouvelle tristesse s'empara de lui : son frère ne lui avait pas adressé la parole une seule fois du repas.
OoOoO
Tom s'était redormi, une fois de plus ; son jumeau l'observa un moment dormir... Avec son rythme de vie, il était normal qu'il ait besoin de dormir, mais le jeune brun l'avait décidément en travers de la gorge et surtout du c½ur. Son frère n'était jamais là, il pourrait essayer d'être là pour les rares fois où ils se voyaient à présent. Bill lança un dernier regard au dormeur avant de se détourner et de retourner dans sa chambre pour se laisser tomber sur le lit ; il demeura immobile un long moment puis attrapa son portable sur la table et commença à pianoter... Peut-être que...
Il sursauta presque en sentant son portable vibrer dans sa main et consulta ses messages : Georg avait été rapide à répondre. Le parcourant rapidement des yeux, il se leva et mis ses chaussures avant de prendre une veste et un manteau pour sortir de chez lui. Il ne pouvait pas rester. Marchant d'un pas rapide, il leva à peine les yeux du trottoir juste devant lui : croiser un regard, voir un visage... Il avait du mal. C'était comme si tout le monde était au courant... Comme si chaque coin de lèvres allait s'étirer en un sourire narquois en contemplant son inutilité. Il n'était plus rien.
« Bill ! »
L'adolescent releva vivement la tête et accéléra le pas en direction de son ancien bassiste qui agitait la main à son attention. Arrivant à sa hauteur, Bill se raidit de surprise lorsque son ami le prit dans ses bras et le considéra un moment lorsqu'il s'écarta ; Georg l'invita à s'asseoir à la terrasse du café auquel il l'attendait.
« Ça va ? » demanda doucement le bassiste, hésitant à réellement poser la question.
Bill hocha doucement la tête en lui adressant un mince sourire : il était heureux de revoir le brun, même si cela lui faisait également un peu mal. Il se pencha sur son sac et en sortit son calepin et son stylo pour répondre à son ami ; concentré sur le papier, il ne remarqua pas le regard douloureux que Georg lui adressa en le voyant ainsi. Son aîné savait, comme les autres membres du groupe, que sa voix était tout ce qu'il avait de plus cher en tant que chanteur mais aussi dans la vie de tous les jours. Voir son ami, éternelle pipelette, réduit au silence par accident... Il préférait ne même pas imaginer ça douleur. Bill redressa son calepin et le lui montra :
- Je vais bien. Ne t'en fais pas. -
Georg pinça les lèvres et le prit dans ses bras, l'ancien chanteur haussant les sourcils de surprise : avait-il ''dit'' quelque chose de mal ? Le bassiste le serra un moment contre lui et sa voix ne fut qu'un murmure à l'oreille de son cadet :
« Tu ne m'aurais pas contacté si c'était vraiment le cas, pas vrai ? »
Il sentit le corps fin trembler dans ses bras : il avait vu juste. Lorsqu'il s'écarta, ce fut pour voir le visage en larmes de son vis-à-vis ; Bill baissa la tête, portant la main à ses joues pour tenter d'effacer les marques visibles de sa souffrance. Non, il aurait voulu ne pas pleurer, pas devant son ami et bassiste de son ancien groupe. Peut-être n'aurait-il tout simplement pas du le revoir. Il sentit des bras puissants le rapprocher de son interlocuteur et de son épaule réconfortante contre laquelle il put s'appuyer et se laisser aller en silence. Il avait mal, son c½ur se serrait et sa gorge le meurtrissait alors qu'il pleurait dans un silence qui le rendait fou de rage et de désespoir. Les paroles du médecin résonnaient encore et encore telles une sentence dans son esprit : il ne reparlerait jamais.
Le jeune garçon demeura un long moment ainsi à pleurer contre l'épaule de son ami, tentant comme il le pouvait d'expulser cette douleur sourde qui le déchirait intérieurement de plus en plus. Georg n'émit aucun commentaire, tenant simplement son cadet contre lui, souffrant de le voir ainsi sans pouvoir rien y faire sinon compatir. Lorsque Bill s'écarta de lui, il agrippa son stylo et son calepin, commençant à écrire, malgré les soubresauts de son corps, de manière presque frénétique ; lorsqu'il eût terminé, il lui tendit ce qu'il avait écrit. Le bassiste le considéra quelques instants avant de prendre le calepin et de parcourir le petit texte de son vis-à-vis : Bill n'en pouvait plus, il souffrait à cause de sa gorge qui était incapable d'émettre le moindre son tout en lui procurant une douleur lancinante, et l'absence de Tom était une véritable torture ; son frère était absent la majeure partie du temps pendant la semaine et passait le week-end à dormir. Georg fronça légèrement les sourcils, comprenant l'inquiétude de l'ancien chanteur en lisant ses questions :
- J'ai fait quelque chose de mal ? C'est parce que je ne peux plus rien faire ? Parce que je suis inutile ? Pourquoi Tom ne me dit plus rien ? Des jumeaux, c'est un lien spécial, non ? -
Bill ne comprenait plus son frère et s'enlisait dans une détresse muette en espérant, terrorisé, que ce dernier lui fasse un signe. Georg pinça les lèvres et réfléchit : il connaissait trop bien Tom pour l'imaginer abandonner son jumeau en de pareil circonstances ; le dreadeux avait toujours veillé sur celui qu'il disait sa moitié, son double, avec un attention toute particulière. Non, il ne pouvait pas l'avoir abandonné comme ça... Il devait y avoir une raison.
« Ecoute, Bill... » murmura-t-il, affrontant une nouvelle fois ce regard désespéré. « Je suis sûr qu'il y a une explication... Je vais essayer de voir et comprendre ce qui se passe avec Tom et je te dirais ce que j'ai trouvé, d'accord ? »
Le jeune garçon aux cheveux corbeaux hocha doucement la tête, se mordillant la lèvre inférieure. Lui non plus ne pouvait pas croire que Tom le laisserait tomber comme ça, sans raison ; mais était-ce une certitude ou simplement le vain espoir d'un gamin qui s'était jusque là cru indispensable... ? Il essuya doucement ses larmes et accepta la boisson que lui offrait Georg, il fallait qu'il se calme ; le bassiste trouverait la réponse à ces questions sans réponses... N'est-ce pas... ?
Son ami esquissa un sourire et lui proposa de passer la journée avec lui pour lui changer les idées. Quelque chose n'allait pas, Georg en était certain, et ce qui le dérangeait le plus c'était qu'il avait l'impression de comprendre ce qui pouvait motiver Tom... Mais si Bill ne lui en avait pas parlé, c'était qu'il n'était pas au courant... Il valait mieux éviter de commettre une bévue. Il le parvint tant bien que mal à le convaincre de venir avec lui dans un centre commercial, espérant que les goûts de l'ancien chanteur n'avaient pas changés depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Bill joua le jeu et se laissa aller à regarder les articles qui passaient à sa portée mais sans jamais rien acheter, le c½ur n'y était pas mais il ne voulait pas que le bassiste se sente inutile face à sa déprime...
« Bill... »
L'intéressé releva la tête d'un t-shirt qu'il regardait et se tourna vers son interlocuteur, l'interrogeant du regard. Georg esquissa un vague sourire et murmura :
« Heu... Tu sais... Si tu veux, y a toujours des affaires à toi, chez moi... Tu sais, celles qu'on a ramenées, Gustav et moi... »
Bill le considéra un moment et hocha doucement la tête avec un mince sourire : Georg savait que c'était un sujet sensible... Toutes ces affaires étaient celles de Bill, le chanteur de Tokio Hotel... Il lui fit un signe de tête et sortit du magasin pour aller à la voiture de son ami, le laissant le conduire chez lui. Il connaissait le trajet par c½ur, demeurant silencieux à regarder par la fenêtre... Rien n'était plus pareil dans son esprit, il regardait tout cela d'un ½il nouveau. Il n'était plus ce même gamin insouciant d'autrefois... Il avait cru que c'était un rêve qui durerait toujours... Ou du moins jusqu'à ce qu'il n'ait plus la force de continuer.
« Bill, on est arrivé, tu descends ? »
Le jeune brun remarqua qu'effectivement Georg attendait depuis quelques secondes que son passager veuille bien descendre de la voiture ; ce qu'il fit. La maison n'avait pas changé non plus... Quelques petites choses en moins peut-être mais sans plus... Ils entrèrent dans la maison et Georg l'amena à sa chambre, où Bill écarquilla les yeux : où étaient passées toutes ses basses ? Il n'en restait qu'une... Remarquant le regard surpris de Bill, le bassiste esquissa un sourire et murmura :
« Je les ai revendues... Une seule, c'est suffisant. »
Il sentait bien qu'il y avait quelque chose de faux dans sa voix, il le savait et l'ancien chanteur n'était pas idiot, son regard le lui disait clairement. Il soupira et prétexta simplement qu'il avait eu besoin d'argent après un moment pour aider à la maison et qu'il travaillait à présent en intérimaire pour gagner un peu de sous en attendant de trouver mieux. Bill laissa transparaître son inquiétude dans son regard mais ne fit aucun commentaire, même écrit, puis il posa les yeux sur les valises qui étaient dans un coin de la chambre. Il hésita et s'approcha, en couchant une et l'ouvrant à l'aide de la clé que lui tendit Georg ; il esquissa un sourire amusé en redécouvrant ses propres affaires. Il resta un long moment à les regarder, en dépliant certaines... Il y avait tellement de souvenirs dans cette simple valise...
Il la referma finalement et resta assis pendant quelques secondes avant de prendre son calepin et décrire quelques mots à son ami ; celui-ci hocha la tête et reconnut effectivement que cela ravivait beaucoup de souvenirs. Il attendit que Bill lui fasse signe pour l'aider à porter les valises jusqu'à la voiture mais celui-ci ne fit rien et remit la valise où il l'avait prise puis il griffonna sur son calepin et le lui tendit :
- Je peux laisser ça ici pour le moment ? Tout ça, c'est un peu Bill de Tokio Hotel mais ce n'est plus moi... Je peux les laisser un peu ici ? -
« Y a pas de souci. » répondit aimablement son ami. « Je ne sais pas vraiment ce que c'est mais j'imagine que ce n'est pas facile pour toi. T'auras juste à m'envoyer un texto quand tu voudras les récupérer, d'accord ? »
- Merci, Georg. -
« De rien. » sourit le bassiste. « C'est normal. »
Les deux jeunes hommes hochèrent la tête et quittèrent la pièce pour retourner dans la voiture. Le bassiste ne dit rien quant aux larmes qui perlèrent lentement sur les joues de son cadet et le retour se fit dans le silence le plus total. Bill n'essuya ses joues que lorsque le véhicule s'immobilisa devant chez lui et Georg sourit :
« Tu ressembles toujours à the crow quand tu pleures, toi... »
Le jeune brun grimaça en guise de réponse et accepta que son aîné le débarbouille un peu : il ne voulait pas que sa mère le voit comme cela et lui pose une multitude de questions. Ceci fait, il sortit de la voiture et remercia d'un signe de tête celui qui avait été son bassiste dans un groupe dont bientôt tout le monde aurait oublié le nom.
Il retourna vers sa chambre, lançant au passage un coup d'½il dans celle de son frère : Tom s'était à nouveau couché et endormi profondément. Il entra discrètement dans la chambre et s'approcha du lit du dormeur... En règle générale, Tom n'avait jamais eu le sommeil bien lourd dans la journée, il était même très rare qu'il dorme avant qu'il ne fasse nuit. Mais il ne le vit même pas tressaillir alors qu'il s'asseyait à côté de lui pour mieux le regarder... Il avait les traits tirés... Ses doigts fins caressèrent doucement sa joue sans même le réveiller. Qu'avait-il pu faire toute la semaine pour être dans cet état ? Cette question demeurait sans réponse alors qu'il observait son jumeau dormir, perdu dans les méandres d'un sommeil dont il lui refusait l'accès.
Le jeune brun sentit ses yeux le brûler mais ravala ses larmes et se pencha pour déposer un baiser sur la joue de son ancien guitariste. Il se redressa alors et quitta la pièce pour aller dans sa chambre et se jeter dans son lit, nichant son visage dans son oreiller pour y laisser les dernières traces de son maquillage... Au fond, qui verrait à nouveau ''Bill'' ? Il n'existait plus. Il était mort avec sa voix. C'était fini.
OoOoO
SUITE
Un bruit tira l'adolescent de son sommeil, il se redressa légèrement dans son lit et écouta. Tom se levait pour aller travailler, comme tous les jours de la semaine... Bill recoucha doucement sa tête sur l'oreiller, n'ayant cure des marques charbon qu'avaient laissées ses larmes. Il avait pris l'habitude de pleurer tous les soirs, ce n'était plus une nouveauté et il se moquait bien d'enlever ou non son maquillage avant de dormir. Il devait juste changer la taie d'oreiller quotidiennement... De toute façon, qui cela pouvait-il préoccuper maintenant ?
Il l'entendit se préparer, une boule douloureuse enserrant sa gorge... Son frère menait une vie où il n'avait plus sa place... Mais ce qui lui faisait le plus mal, c'était de penser qu'il ne lui avait pas fallut beaucoup de temps pour l'abandonner... Lui qui avait dit ces mots :
« Voilà... On est chez nous... »
Ce nous qu'il avait cru éternel, du jour de leur naissance à celui de leur mort... Mais depuis une semaine et demie, Tom ne lui avait pas adressé un seul mot, ils ne se voyaient plus, ils ne discutaient plus... Jamais le jeune brun ne s'était senti aussi abandonné ni trahi. Mais si la douleur d'admettre qu'il n'était plus rien l'étouffait, il nourrissait toujours ce vain espoir que son jumeau viendrait le voir, lui parler... Comme avant...
Une nouvelle larme douloureuse s'échappa, bientôt suivie par d'autres. Il avait toujours eu peur de la solitude mais il s'était toujours réconforter en pensant à la présence du dreadeux qui, aujourd'hui, l'avait oublié, effacé de sa mémoire... Avec une facilité déconcertante. Un bruit dans la chambre de son frère l'informa qu'il terminait de se préparer pour bientôt partir sans même prendre un petit déjeuner sur le pouce... A croire que cette maison n'était même plus la sienne puisqu'il n'y venait que pour dormir.
Les pas feutrés dans le couloir le firent tressaillir et il ne bougea plus, fermant les yeux. Pour une obscure raison, il espérait que son frère vienne le voir mais en même temps, il refusait de lui montrer cet état de faiblesse psychologique. Il fronça légèrement les sourcils en entendant les pas de son frère s'arrêter à la hauteur de sa porte... C'était toujours là qu'ils étaient le plus forts... Il entendit un léger frottement puis les entendit s'éloigner. Son poing se referma sur les draps alors qu'il se maudissait intérieurement d'être aussi naïf : la naïveté était quelque chose de blessant... De très douloureux... Il avait été bête de croire que son frère aurait compris qu'il laissait sa porte de chambre ouverte depuis une semaine et demie dans l'espoir qu'il viendrait le voir de lui-même. Etouffant un nouveau sanglot qui se contentait de n'être qu'une expiration d'air plus puissante que les autres, il ferma les yeux, souhaitant aussi fort qu'il le pouvait de ne plus jamais se réveiller.
OoOoO
10h30... Son ''jamais'' n'avait finalement pas été des plus longs... Il soupira et s'assit sur son lit. Une fois encore, il contempla cette chambre qui lui semblait d'un incroyable vide. Peut-être devrait-il demander à Georg de lui rendre ses affaires pour qu'il puisse les jeter dans la chambre, la rendre plus vivante... Il se leva péniblement et s'étira, grimaçant en sentant une ou deux parties de son corps craquer puis les laissa retomber sur son lit.
Il n'avait envie de rien... De rien à par de la compagnie de son jumeau. Dire qu'il lui en voulait était peu dire mais pour rien au monde il ne pourrait le chasser si celui-ci daignait revenir auprès de lui. Cette pensée le froissa et le laissa seul avec le silence une dizaine de minutes encore avant que la voix de sa mère ne retentisse dans les escaliers :
« Bill, mon chéri, descend, le petit déjeuner est près. »
Le brun poussa un profond soupir et s'extirpa de ses draps pour s'engouffrer dans le couloir. Il descendait les marches presque machinalement et allait trouver sa place à la table, devant sa tasse de café ; sa mère souriait et parlait mais il ne l'écoutait pas, trop préoccupé par la concentration de douleur qui grondait en lui. Il ne s'aperçut même pas lorsque la pauvre femme se tut, se rendant bien compte de l'absence de son fils, le seul qui daignait encore rester avec elle. Tom n'avait jamais été très démonstratif, mais son absence était des plus blessante... Qu'il doive travailler pendant la journée, elle pouvait le comprendre, mais il ne rentrait même plus manger le soir, il ne revenait qu'à des heures impossibles... Elle savait que l'accident de son frère l'avait bouleversé et que l'adolescent pouvait très bien exprimer comme cela son trouble, mais en tant que mère, elle était triste de penser qu'il pouvait passer des soirées dans des endroits qu'elle ne connaissait pas, avec des gens peu fréquentables... Même Andréas n'avait pas su la renseigner à ce sujet.
Bill se leva finalement sans avoir touché à quoique ce soit et reprit le chemin de sa chambre dans le silence qui le caractérisait désormais. Sa mère soupira et monta à sa suite pour finalement le découvrir vautré dans son lit, perdu dans la pénombre de la pièce. Elle sentit un tiraillement au niveau de son c½ur, ne supportant pas de voir son petit souffrir... Elle s'approcha et murmura simplement :
« Ne reste pas tout seul dans le noir... Ce n'est pas bon pour le moral, tu sais... »
Sur ces quelques paroles, elle ouvrit la fenêtre et les volets, sans tenir compte de l'adolescent qui noya son visage dans le coussin, autant pour protéger ses yeux de la lumière que pour dissimuler les traces de maquillage laissées sur le tissu de la taie d'oreiller. Ses pas s'éloignèrent alors, disparaissant dans le couloir, le laissant seul dans sa chambre. Le vent froid le fit frissonner et relever la tête... Ne pouvait-elle pas au moins fermer la fenêtre ? Il soupira à se tira péniblement hors de son lit et s'avança jusqu'à la source de ses frissons, le mince vêtement qu'il portait en vêtement de nuit n'était qu'un rempart moindre face aux morsures du froid.
Il regarda à l'extérieur un moment, laissant le vent glacé soulever ses cheveux secs et paille couleur de jais ; puis il referma la fenêtre pour laisser la tiédeur de l'habitacle le bercer. Mais alors qu'il n'entendait plus le murmure du vent, un léger bruit attira son attention. C'était derrière lui, il hésita et se retourna, c'était comme un léger son de papier ; il ne sut d'abord pas d'où cela venait mais un éclat jaune captura son regard. Fronçant les sourcils, il s'approcha de la fente entre le mur et sa porte ouverte et s'agenouilla pour attraper le papier qu'il ne se souvenait pas avoir ; s'asseyant sur ses pieds, il reconnut un post-it, ce qu'il n'utilisait jamais, et le retourna. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'ils découvraient les quelques mots qui s'y trouvaient, tracés de cette écriture qu'il connaissait si bien :
- Passe une bonne journée, frérôt. Tom. -
Il y avait une date... Il datait de l'avant-veille, lundi. Tenant le papier en tremblant et le fixant, Bill se sentit déglutir, ses lèvres s'étirant timidement dans un sourire, puis, levant les yeux pour mettre la main sur la poignée pour se relever, il s'arrêta, son regard s'étant arrêter sur un détail... Ou plutôt plusieurs. Poussant doucement la porte, il la referma lentement pour découvrir une chose à laquelle il n'aurait jamais pensé au vu des circonstances : neuf autres post-it étaient collés sur la porte... Il ne les avait pas vus à cause de cette fixation qu'il avait de laisser sa porte ouverte. Chacun était daté, un pour chaque jour, et chacun comportait un petit mot...
- Courage, Bill. Tom. -
- Crois en toi. Pour moi, tu resteras toujours Bill. Tom. -
- Prend soin de toi. Tom. -
- Aujourd'hui je veux pas aller bosser ! Lol. Tom. -
- Veux prendre le petit déj' avec toi, mais je vais me faire frapper si je te réveille, hein ? Tom. -
- Allez ! On se motive pour une nouvelle journée ! Tom. -
- Pardon de t'avoir fait pleurer hier. Tom. -
- Choupi quand tu dors. See you. Tom. -
- Je t'adore, frérôt, courage! Et souris! Tom. -
Bill se sentit trembler alors qu'il contemplait le dos de sa porte... Chaque jour, Tom avait pensé à lui, lui laissant un mot derrière la porte de sa chambre, et il n'avait rien vu. Il avait douté de lui... Une immense sensation de bonheur étira les lèvres du jeune brun dans un grand sourire alors que les larmes perlaient sur ses joues ; mais loin d'être des larmes acides, elles le soulageaient alors que ses yeux restaient rivés sur ces quelques mots que son jumeau avait songé à lui laisser chaque matin avant de partir.
Il n'aurait su dire combien de temps il état resté là, à pleurer et à regarder cette preuve d'amour fraternel qui lui avait tant manqué ces dix derniers jours. Tout sentiment de solitude s'était envolé pour laisser place à un moment de pure joie. L'adolescent serra un moment le post-it qu'il tenait contre lui puis se redressa et attrapa son portable.
- Bonne journée, Tom. Je t'adore aussi. Tu me manques. Bill. -
Il fut quelque peu déçu de ne pas recevoir directement l'accusé de réception, mais peut-être Tom éteignait-il son portable pendant ses heures de travail... ? Il haussa doucement les épaules, souriant simplement en pensant à la tête de son frère lorsqu'il recevrait son message.
OoOoO
« Tom, tu as deux minutes ? »
L'intéressé releva la tête et la hocha, se levant péniblement du trottoir sur lequel il prenait sa pause pour aller rejoindre son employeuse ; Christine attendit qu'il l'ait rejointe devant le comptoir de son magasin pour l'étudier un moment, comme réfléchissant à ses mots, puis elle reprit :
« Tom... Je ne vais pas revenir sur la question de la semaine dernière ni du tirage de cartes que je t'ai fait mais... J'aimerai savoir si tout va bien. » elle le dévisagea presque durement malgré sa voix douce, telle une mère qui questionnerait son fils. « Il s'est passé quelque chose de nouveau ? Ça va faire trois jours que tu déambules dans le magasin et c'est à peine si je ne dois pas intervenir quand il y a des clients. Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Le jeune châtain écouta un moment le silence, les yeux fixant un point dans le vague, il releva finalement son regard souligné de cernes vers sa patronne et amie, lui adressant un sourire quelques peu forcé et répondit d'un ton calme qu'il voulait rassurant :
« Ne t'inquiète pas... Je dors mal en ce moment, c'est tout... Je vais essayer de faire attention pour que ça n'empiète pas sur mon travail. »
La voyante le considéra un moment, soucieuse, puis pinça les lèvres comme si elle retenait une remarque, ce que l'adolescent apprécia, puis elle le laissa reprendre sa pause. Son regard ne le quitta pas jusqu'à ce qu'il ait franchi le pas de la porte, la laissant seule dans la boutique ; elle soupira et baissa les yeux. Elle était inquiète pour ce garçon, mais que pouvait-elle dire ? Elle avait bien remarqué les traits tirés et les cernes qui s'étaient installés sur son visage, mais elle n'était pas sa mère et, même si son intuition lui disait que Tom lui cachait quelque chose, elle ne pouvait que le regarder sombrer dans une sorte de mal-être éveillé... Ses yeux se posèrent sur le paquet de cartes qui reposait à côté d'elle, dans un creux du comptoir.
« J'espère que vous ne vous trompez pas... » souffla-t-elle.
De son côté, le guitariste se massa les yeux, pestant contre la luminosité qui lui agressait les yeux. Il était fatigué et las, sentant son corps lui faire mal par endroits, et chaque mouvement lui coûtait... Mais le simple contact de ses doigts sur ce papier maudit dans sa poche lui redonna une certaine vivacité : il ne pouvait pas abandonner, il devait trouver la force de continuer. Pour Bill...
Le reste de la journée passa dans une sorte de flou tel un rêve : il ne se souvenait même pas de certains détails mais peu lui importait. L'air froid du soir le tira brusquement de ses pensées lorsqu'il quitta le magasin, le réveillant brusquement ; il pesta et referma son manteau avant de marcher en direction de son deuxième travail. La nuit était tombée maintenant depuis un moment, les jours se raccourcissant petit à petit, et avec elle venaient les basses températures, ce qui n'était pas un mal car cela l'aidait à sortir de sa semi torpeur ; il rejoignit le chantier et salua ces hommes qui s'étaient pris d'affection pour ce petit gaillard courageux. Là, il déposa ses affaires et prit son équipement de travail :
« Salut, Philipp. » sourit-il.
« Salut, gamin. » le salua à son tour le grand brun, sans lever les yeux des plans qu'il consultait, la main posée sur le téléphone. « Il y a un sac sur la chaise avec une collation pour les gars dans les hauteurs... Tu leur amènes ? »
Tom s'amusa de cet ordre déguisé en question, il acquiesça et pris le sac qui pesait passablement lourd ; ceci fait, il s'élança sur le chantier. Il avait pris l'habitude de ce travail qui consistait à transporter divers éléments ou ordres d'un point à l'autre du chantier ; il savait maintenant parfaitement se repérer et n'hésita pas à marcher vers l'escalier du bâtiments qui prenait peu à peu forme. Il marqua une petite pause au premier étage, posant quelques secondes le sac qui lui semblait de plus en plus lourds ; ces hommes étaient-ils des ogres pour avoir besoin de tant de nourriture ?
Il gravit tant bien que mal les marches restantes menant au deuxième étage, sentant le souffle lui manquer et son corps lui faire plus mal que jamais ; mais il tint bon et amena le sac à bon port, au grand bonheur de ses compagnons de travail qui le remercièrent chaleureusement. Tom esquissa un vague sourire mais sentit sa tête lui tourner et porta la main à sa tête, ce qui alerta l'un de ses interlocuteurs :
« Hey, petit, ça va ? » s'inquiéta Stephan.
« Ouais, ça va, ça va... » répondit l'intéressé en essayant d'avoir l'air convaincant. « J'étais malade hier et du coup j'ai pas super bien dormi. »
« Oh... Ben, ménage-toi un peu. Tu manges avec nous ? » proposa le grand blond.
« Ah, non, merci, ça va aller... » murmura-t-il en retour, tentant de dissimuler sa fatigue.
« Tom ! »
Le dreadeux se retourna vers les escaliers pour voir arriver son chef de chantier, un nouveau vertige le pris mais il reconnut tout de même le jeune homme qui l'accompagnait, reconnaissant sa carrure entre mille, et qui n'était autre que son ancien bassiste. Reprenant vaguement ses esprits en secouant la tête, il attendit que ses deux interlocuteurs s'approchent de lui ; il s'étonna :
« Georg... ? Qu'est-ce que tu fais là... ? »
« Ça serait pas à moi de te demander ça plutôt ? » répliqua l'intéressé, visiblement mécontent.
« Quoi ? » Tom fronça les sourcils, tentant de comprendre ce qui lui échappait peu à peu.
« J'aimerai comprendre à quoi tu joues ! » s'exclama son vis-à-vis.
Le jeune châtain n'arrivait pas à saisir le véritable contexte de la situation, son esprit semblant réagir difficilement et de manière illogique : avait-il fait quelque chose qui lui aurait valut la mauvaise humeur de son ex-bassiste ? Il fronça les sourcils mais déjà la voix de Georg ne lui parvenait plus de la même manière, comme déformée, plus grave, trouble... Il cligna des yeux à plusieurs reprises alors que le monde semblait danser et que sa perception changeait. Il distingua l'intonation d'une question... Mais que se passait-il... ? Tout à coup, il lui sembla voir le monde basculer, une douleur violente lui déchira le dos alors qu'il heurtait la balustrade de sécurité ; ses yeux s'écarquillèrent quand il retrouva quelques secondes de lucidité : son pied, dernier point d'attache avec le sol, venait de déraper. Le visage terrifié de Georg s'éloignait. Il dégringolait ! Mais le monde sombra brusquement dans une obscurité totale.
OoOoO
Bill se redressa dans le canapé, aussi droit que possible, s'attirant le regard interrogateur de sa mère ; elle lui demanda ce qui n'allait pas et si le film l'ennuyait. Mais ce n'était rien de cela qui préoccupait le jeune brun : c'était comme avant, ce sentiment de mal-être et ce nom qui lui apparaissait brusquement à l'esprit. Tom, il se passait quelque chose. Pris d'une panique soudaine, Bill agrippa le bras de sa mère, lui faisant comprendre une urgence et articula de ses lèvres le nom de son frère ; puis, voyant que Simone ne comprenait pas bien à cause de son propre état de panique, il saisit brutalement son calepin et son stylo, marquant un ''TOM'' et le lui montrant. Sa mère fronça un peu les sourcils : ses fils s'étaient rarement trompés en ce qui concernait l'état de l'autre. Elle voulut parler mais la sonnerie du téléphone l'interrompit, elle se leva et alla décocher le combiné, sentant son estomac se nouer ; elle adressa un regard à son petit puis décrocha :
« Simone Kaulitz, j'écoute. »
Quelques instants à peine s'écoulèrent lorsque le visage de la femme blêmit, inquiétant un peu plus le jeune brun qui attendait avec une patience menue que sa mère lui dis quelque chose mais elle n'en eût pas besoin, répondant à son interlocuteur :
« QUOI ? TOM EST À L'HÔPITAL ? »
Bill écarquilla les yeux, sentant le calepin et le stylo lui glisser des doigts pour aller s'écraser contre le sol dans un bruit sourd.
A SUIVRE...