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Jumeaux... Et plus si affinité

Jumeaux... Et plus si affinité
ENFIN!!! et oui, l'avant dernière fic de Sahad, ENFIN en ligne... du moin, la première partie...
oui oui, je suis sadique, tout comme "mon sadik engel *ShinigamI* (m'en veux pas (a))



Titre : Jumeaux... Et plus si affinités.

Auteur : Sahad.

Chapitre :



Il n'aimait pas être seul. Il s'ennuyait quand il n'était pas là. Bien sûr, il y avait mille et une choses pour qu'il s'occupe, mais rien ne lui faisait vraiment envie. Son regard tomba sur son portable, regardant les chiffres qui s'y trouvaient ; il passa une main lasse sur son visage et se massa les yeux, une certaine fatigue l'accablait, celle de ne rien faire. Un bruit attira son attention : le petit déclic si caractéristique de la clé qui tourne dans la serrure. Un large sourire se dessina dans son esprit : il n'allait plus être seul. La porte s'ouvrit sur une silhouette qu'il connaissait bien, il la regarda s'approcher du canapé sur lequel il était allongé.

« Hallo... » parvint-il à articuler.

« Hallo Schnecke. » répondit son vis-à-vis en s'asseyant à ses côtés.

« Arrête de m'appeler comme ça... » tenta-t-il de râler.

« Désolé, c'est plus fort que moi... » sourit son frère, puis il posa la main sur son front. « Tu as encore un peu de fièvre... »

« Où est m'man... ? » souffla le malade.

« Elle est partie voir une de ses amies, elle sera de retour vendredi. » lui expliqua son interlocuteur.

« Vendredi... ? »

Il n'avait plus aucune notion du temps. Quel jour pouvaient-ils bien être aujourd'hui ? Il ne savait pas. Il se souvenait vaguement de ce qu'il pensait être la veille et son esprit n'était clair que depuis son réveil qui datait d'environ trois heures. Remarquant son trouble, son vis-à-vis murmura :

« Elle sera là dans quatre jours. »

« Ah... »

« Ça te réussit vraiment pas d'être malade... Je vais te faire une tisane... »

Il allait se lever lorsqu'une main le retint, enserrant fortement son poignet. L'adolescent reporta son attention sur son jumeau, lui adressant une question muette ; ce dernier avait le souffle court et semblait fatigué mais il s'accrochait désespérément à lui.

« Tom... ? » souffla-t-il, n'obtenant toujours pas de réponse.

« Ne... Me laisse... Pas... » articula-t-il.

Le jeune brun soupira et se rassit. Il n'aimait pas voir son frère aussi mal. La veille, Tom était revenu à la maison, tremblant et transpirant ; Bill n'avait eu que le temps de lui demander s'il se sentait bien avant qu'il ne s'effondre dans ses bras, inconscient et brûlant de fièvre. Sa mère était partie le jour même, un peu plus tôt, et son beau-père avait prévenu qu'il ne rentrerait pas tout de suite, devant travailler avec son groupe. Il était donc seul pour s'occuper de lui. Il remit correctement la couverture sur le corps de son frère et glissa sa main dans la sienne en murmurant :

« Je suis là, ne t'inquiète pas... Je ne vais pas m'en aller. »

Ces quelques mots semblèrent apaiser son jumeau qui ferma les yeux. Bill attendit patiemment que la respiration de Tom devienne lente et régulière pour se lever avec précaution et aller dans la cuisine afin de préparer de la tisane. Laissant l'eau bouillir, il prit une bassine d'eau et une petite serviette qu'il amena au chevet de son frère ; humidifiant le linge, il le déposa sur le front chaud du dormeur. Le jeune guitariste était rarement malade, mais lorsqu'il l'était, ce n'était en général pas une mince affaire.

Le chanteur demeura un moment silencieux, considérant son vis-à-vis, pensif ; il se pencha, attrapa le téléphone sans fil qui trônait sur la table et composa rapidement un numéro. Au bout de deux sonneries, son interlocuteur décrocha :

/Hallo /

« Hallo, Gustav ? Hier ist Bill (Allô, Gustav ? c'est Bill). » annonça le brun. « Tu pourrais appeler David et lui dire qu'on sera pas à la répétition de demain ? »

/Hein ? Warum ?(Pourquoi ?) / s'étonna le batteur. /T'as pas son numéro /

« Nein, je t'appelle avec le sans fil. Tom est malade. » lui expliqua-t-il.

/Sérieux / Gustav n'en revenait apparemment pas.

« Ja. Il a de la fièvre... Je préfère ne pas le laisser seul. Nos parents sont absents alors je vais m'occuper de lui. Tu peux transmettre le message ? »

/Ah, ja, pas de problème. / lui assura son ami. /T'appelles si y a un souci, ok /

« Ja. Danke, Gustav. »

Il raccrocha et reporta son attention sur son jumeau, celui-ci dormait profondément, assommé par la maladie. Bill soupira légèrement et entreprit d'humidifier une nouvelle fois la petite serviette qu'il avait posée sur le front de Tom. Non, il ne pouvait définitivement pas le laisser seul, pas dans son état. Il passa sa main fraîche sur la peau brûlante du visage de son frère, lui caressant doucement la joue.

« Je suis là, Tom... Je suis là... » souffla-t-il.

Il veilla sur lui jusqu'à se qu'il se souvienne qu'il avait mis de l'eau à bouillir ; il se leva et se rendit dans la cuisine pour la verser dans une tasse. Il avait souvent regardé sa mère faire et pressa un citron qu'il ajouta au liquide ; ceci fait, il y incorpora du miel et retourna au chevet de son guitariste qui dormait toujours. La tisane était brûlante, il valait mieux attendre un peu avant de le réveiller, inutile de l'ébouillanter en plus ; le brun attendit encore, s'assurant que l'infusion ne refroidissait pas trop vite. Il secoua doucement son frère par l'épaule :

« Tom... Tom, réveille-toi... »

« Hmm... ? » lâcha une voix pâteuse.

« Il faut que tu boives ta tisane. » annonça Bill. « Je vais t'aider. »

Le malade se laissa faire, se redressant dans le canapé pour pouvoir se tenir à peu près droit et boire le contenu de la tasse. Son jumeau la tenait aussi, l'empêchant d'avaler trop vite ; la grimace de Tom l'informa qu'il avait peut-être eu la main un peu lourde sur le citron mais il préféra ne pas se prononcer et attendit que la tasse lui revienne, vide.

« Ça t'a fait du bien ? »

L'adolescent hocha la tête, s'emmitouflant dans sa couverture, il tremblait. Bill posa la tasse sur la table à côté de lui et enlaça son frère, frictionnant doucement ses épaules dans le but de le réchauffer un peu.

« Ça va aller... » murmura-t-il. « J'ai prévenu les autres que tu n'allais pas bien et je vais rester pour m'occuper de toi, ok ? »

Une nouvelle fois, le guitariste hocha la tête en guise de réponse, signe qu'il avait compris. Bill le berça, fredonnant une de leurs chansons, le laissant se rendormir ; lorsque son jumeau sombra dans le sommeil, le jeune chanteur se leva et prit le téléphone, allant chercher le carnet d'adresses dans le buffet.

« Tata... Tata... Tata... Tata ! » il composa le numéro et patienta.

/Hallo /

« Hallo. Hier ist Bill. »

/Oh, Bill ! Wie geht's / lança la femme, contente d'entendre son neveu.

« Moi oui. Dis, est-ce que tu pourrais me passer la recette de la soupe au riz que tu m'avais faite une fois quand j'étais malade ? » demanda-t-il.

/Hein ? Heu, ja. Mais qu'est-ce qu'il y a ? Quelqu'un est malade / s'inquiéta-t-elle.

« Oui, Tom. » répondit l'adolescent.

/Je vois. Tes parents ne sont pas là / enchaîna-t-elle. /Tu veux que je vienne /

« Nein. »

/D'accord... Bon, attend, il faut... /

Bill nota scrupuleusement la recette que lui dictait sa tante et la remercia avant de raccrocher et d'aller dans la cuisine pour vérifier s'il y avait tous les ingrédients ; il jura en remarquant qu'il manquait du jambon : il devait en découper des petits carrés et les ajouter à la soupe. Il reprit le téléphone et composa un nouveau numéro :

/Hallo /

« Georg ? Hier ist Bill. Dis, j'aurais un service à te demander... T'es disponible ? » lança le jeune chanteur.

/Heu... ça dépend, c'est quoi / se méfia le bassiste.

« Tom est malade et je ne peux pas le laisser seul. Est-ce que tu pourrais aller acheter du jambon et m'en ramener ? Je te rembourserais. » lui expliqua-t-il brièvement.

/Du jambon / Georg était perplexe.

« C'est une recette pour les malades. » commença à s'impatienter le brun. « Tu peux ou tu ne peux pas ? »

/J'y vais. /

Il raccrocha. Bon, ce n'était plus qu'une question de temps avant que son aîné ne vienne. Il savait que Tom n'aimait pas qu'on le voit si faible mais il fallait se rendre à l'évidence : il était hors de question de le laisser, même pour quelques minutes. Revenant à son chevet, il humidifia à nouveau la petite serviette et la reposa sur le front de son frère, demandant mentalement à Georg de se dépêcher. Un bon quart d'heure s'était écoulé lorsque la sonnette retentit dans la maison, Bill manqua de jurer mais fut soulagé de voir que son jumeau dormait toujours ; il se leva et se rendit dans l'entrée.

« Hallo. » lança le bassiste.

« Hallo, Georg. » répondit le brun en prenant le paquet que lui tendait son ami. « Danke. »

« Bitte. » sourit son vis-à-vis. « Je peux faire quelque chose ? »

« Pas spécialement... » murmura le chanteur. « Il a besoin de repos, je pense... Je ne sais même pas pourquoi il est malade, mais il a de la fièvre... »

« Tu as appelé le médecin ? » demanda Georg.

« Et je le paierais avec quoi ? » soupira son cadet. « Nos parents ne sont pas là... J'ai juste trois euro pour te rembourser. »

« Laisse, je vais pas pleurer pour le prix du jambon. » il esquissa un nouveau sourire. « Bon, tu appelles si t'as besoin. »

« Danke. » Bill lui rendit son sourire.

« Bitte. »

Il ferma la porte et retourna dans la cuisine. Bon, cette fois, il allait falloir qu'il se surpasse, pas question de faire une tambouille dégueulasse comme à son habitude ; mais bon, avec une recette, n'importe qui pouvait y arriver... Non... ? Il soupira et commença par faire bouillir de l'eau ; il jeta un coup d'½il au petit bout de papier qui lui servait de recette et haussa un sourcil :

« ''Rincer le riz'' ... ? » lut-il à haute voix. « Parce que ça se rince, le riz ? »

Avisant une passoire, il y versa une portion de graines blanches et les considéra un moment d'un air dubitatif. Rincer le riz... Bah, ça ne devait pas être bien sorcier. Il mit le récipient dans l'évier et fit couler de l'eau froide.

« Ah... Mais ça ne rincera pas tout... Faut que j'y mette la main... ? »

L'adolescent demeura interdit quelques instants, son regard se reporta sur le canapé où se trouvait son frère et il soupira profondément : il fallait vraiment qu'il y tienne beaucoup. Enlevant la passoire de l'évier, il retira toutes ses bagues et se lava les mains ; ceci fait, il replaça le riz sous le jet d'eau et y plongea la main avec une mimique de dégoût.

« Tom... Je te déteste. » pesta-t-il. « Bon, ça devrait être bon, là, non ? »

Il jeta un nouveau coup d'oeil à la recette. Sa tante n'avait rien précisé sur le temps de rinçage. Etait-elle stupide ou l'avait-elle fait exprès ? Il n'avait jamais cuisiné de sa vie, lui ! Bon, ne pas s'énerver ; il inspira et expira profondément plusieurs fois, arrêta l'eau et alla voir si celle de la casserole bouillait. Non. Il soupira et se rinça la main pour aller se jeter avidement sur un torchon.

Il entreprit de découper le jambon en carré : ça, c'était facile. Trouvant une planche et un couteau il découpa tout le paquet que lui avait apporté Georg. Peut-être était-ce un peu trop ? Bah, quelle importance : Tom lui ferait le plaisir de tout manger quand même ! Malade, peut-être, mais pas infirme non plus. L'eau bouillait, il n'avait plus qu'à y ajouter le riz.

« Heureusement que le temps de cuisson est indiqué sur le paquet parce qu'avec l'autre pas douée (1)... Même pas foutue de donner une recette correctement. »

Râlant tout ce qu'il pouvait, il décida de s'attaquer au bouillon. Ce n'était pas une mince affaire. Il lâcha un nouveau soupir d'exaspération : mais quel plaisir les filles avaient-elles à cuisiner ? Toutes celles qu'il avait eues dans sa classe au lycée avaient toujours été très fières de dire qu'elles allaient faire le dîner, etc...

« Ouais, ben, y a pas de quoi. » maugréa-t-il.

Se remettant à sa cuisine, il vida l'eau de cuisson du riz, se brûlant au passage en lâchant un juron passablement distingué, et assembla le tout. Il considéra un long moment ce qu'il venait de faire et haussa un sourcil d'un air suspicieux : ça risquait fortement d'être une nouvelle tambouille dégueulasse à son actif. Se munissant d'une cuillère, il décida généreusement de se sacrifier et amena l'ustensile à sa bouche.

« Hm... C'est pas si mauvais, en fait... » admit-il. « Bon, ça manque de sel mais y en a pas dans la recette, donc ça restera comme ça. »

Il disposa l'assiette sur un plateau avec une serviette, un verre et une cuillère, puis porta le tout à son jumeau. Tom dormait toujours profondément, roulé en boule dans sa couverture ; Bill hésita à le réveiller : il était mignon comme ça. Mais que diable, il ne s'était pas décarcassé pour rien !

« Tom, débout. » murmura-t-il en posant le plateau repas sur la table. « Tom ? »

L'intéressé l'ignorait superbement, préférant s'enfoncer dans le pays des rêves. Le jeune chanteur eût une soudaine envie d'aller chercher une bassine d'eau glacée mais s'abstint : ce n'était pas la meilleure idée qu'il est jamais eue. Prenant son mal en patience, il alla s'asseoir auprès de son jumeau et le secoua par l'épaule :

« Tom, réveille-toi. Il faut manger. »

« Pas faim... » lui répondit une voix ensommeillée.

« Oh que si, tu as faim ! » gronda le brun. « Il faut manger quand on est malade ! »

Ledit malade se redressa péniblement, tentant visiblement de poser des yeux hagards sur l'assiette qui se trouvait devant lui. Bill prit le plateau et lui posa sur les genoux :

« Mange, ça te fera du bien. »

« C'est toi qui a cuisiné ça ? » l'interrogea le guitariste, la voix un peu brouillée.

« Oui, un problème ? » siffla son jumeau.

« Danke. »

Les yeux du chanteur s'écarquillèrent : il s'attendait à une remarque sarcastique, pas à un remerciement. Tom n'allait décidément pas bien. Il jeta un coup d'½il à sa main, elle le lançait depuis qu'il s'était brûlé, peut-être valait-il mieux s'en occuper.

« Je vais dans la salle de bain, je reviens. »

Il se leva et s'exécuta. Une fois dans la pièce, il fit tous les placards, partant à la recherche d'une pommade ou quelque chose du même genre qui pourrait soulager sa brûlure ; une fois son trésor trouvé, il s'en badigeonna la main et retourna voir son frère : il n'était pas dans le canapé. Inquiet, Bill l'appela aussitôt :

« Tom ? »

Pour toute réponse, un bruit attira son attention. Il courut jusqu'à la cuisine d'où il provenait et trouva Tom, penché au dessus de l'évier, se tenant les dreads d'une main, rendant ce qu'il venait d'ingurgiter. Il s'avança et lui passa une main dans le dos, toujours inquiet :

« Wie geht's ? »

Tom inspirait de grandes goulées d'air, la bouche ouverte, préférant ne pas avaler sa salive dont le goût lui retournait encore plus l'estomac. Voyant que les convulsions de son frère se calmaient, le chanteur s'autorisa un petit sourire compatissant :

« Je cuisine si mal que ça pour que t'en vomisses ? »

« Schuldi... » souffla son vis-à-vis.

« Han ? » le brun se pencha un peu pour voir le visage de son jumeau.

L'adolescent avait les larmes aux yeux d'avoir vomi, respirant toujours avec quelques difficultés. Bill fronça les sourcils, inquiet, cherchant à comprendre :

« Warum ? »

« Parce que... Tu t'étais cassé le cul à faire ça... Et je vomis... Schuldi... » murmura le guitariste.

« Ah... C'est pas grave. Quand c'est mauvais, vaut mieux que ça sorte. » plaisanta le brun. « Je vais te mettre une bassine près du canapé. Quoique le mieux serait que tu te mettes dans ton lit. »

« Nein... Danke. »

Attrapant un morceau d'essuie-tout, Tom s'essuya la bouche et retourna s'allonger d'un pas titubant. Non, il ne voulait pas aller dans sa chambre : Bill s'inquièterait constamment et passerait son temps à son chevet. Il valait mieux qu'il reste dans le canapé où son frère pouvait garder un oeil sur lui tout en faisant autre chose. Le jeune chanteur n'insista pas et alla chercher une bassine comme il l'avait dit, la plaçant près du canapé, au niveau de la tête de son jumeau pour qu'il n'ait qu'à se pencher en cas de besoin. Il s'assit à côté de lui et ramena une dread en arrière, caressant son visage :

« Ce n'est pas grave, Tom... Tu es malade. Mais ça va passer... »

« Schuldi... » répéta l'intéressé. « Je sais que t'aimes pas cuisiner... Et moi... »

« Chut. Arrête de dire des bêtises, tu vas me donner de l'urticaire ! » lui ordonna le brun. « Ce n'est pas de ta faute alors ne cherche pas la petite bête là où il n'y en a pas. Repose-toi. »

Son frère n'hocha même pas la tête, fermant simplement les yeux. Il était horriblement fatigué, cela se voyait ; Bill soupira et remonta la couverture sur les épaules du malade. Il ne savait pas quoi faire de plus. Peut-être devrait-il appeler un médecin et essayer de s'arranger avec lui pour que ses parents payent plus tard ? Il ne savait pas... Posant la tête sur l'épaule de son jumeau, il fredonna une chanson : der letzte tag.

OoOoO

Une sonnerie stridente le fit sursauter. Il s'était endormi. Se redressant et s'étirant, il attrapa le téléphone braillard et appuya sur la touche verte :

« Hallo ? » lâcha-t-il d'une voix pâteuse.

/Hallo, Bill /

« Nein, le pape. Ja, c'est Bill. » grommela le brun. « Qu'est-ce que tu veux, Gustav ? »

/Juste prendre des nouvelles. / répondit son ami. /Wie geht's /

« Nein. » soupira Bill, admettant sa défaite. « J'ai fait une tisane et un repas mais Tom a tout vomi... Je sais plus quoi faire... Je pense que je vais essayer de m'arranger avec un médecin ou un truc comme ça... »

/Ne t'inquiète pas. Il vomit, tu dis / reprit le batteur.

« Ja. » acquiesça-t-il.

/Alors ne le laisse pas se déshydrater. Mais ne lui donne pas trop d'eau, il va la vomir. Si t'as du coca, enlève le gaz et donne-lui. /

« Depuis quand tu t'y connais, toi ? » sourit piteusement l'adolescent.

/parce que ça m'arrive d'être malade. / répliqua Gustav. /Sinon, on peut s'arranger avec mes parents : ils paieront le médecin et les tiens les rembourseront plus tard. /

« Je vais essayer ce que tu m'as dit... » murmura Bill. « Et si ça ne va pas mieux, je t'appellerais... Ok ? »

/Ok. / approuva son ami. /Mais repose-toi quand même. /

« Pas de souci. »

Il raccrocha. Du coca sans bulles ? Il se leva péniblement et alla jusqu'au frigo, essayant de ne pas se manger un mur au passage. Y avait-il seulement du coca dans leur frigo ? Ah oui, deux bouteilles. C'était amplement suffisant. Il en sortit une et la considéra un moment, perplexe : comment retire-t-on les bulles d'un coca ? Il secoua la tête :

« Réveille-toi, Bill. C'est une question niveau primaire... »

Il posa la bouteille sur la table et alla jusqu'à l'évier pour se passer de l'eau sur le visage, histoire d'avoir les idées plus claires. Ceci étant fait, il revint au coca : enlever le gaz... La bouteille était aux trois quarts pleine... Il la prit et la secoua dans tous les sens, puis il attrapa le bouchon : c'était la méthode la plus simple. Il le tourna et regretta amèrement son geste : mal réveillé, il n'avait pas vraiment réfléchi, ce qui lui valut un bouchon rouge en pleine figure suivi d'un volcan de glucose glacé. Il secoua la tête en jurant, tentant de se débarrasser du coca qui lui brûlait les yeux.

« SCHEIβE ! »

Reposant la bouteille sans douceur sur la table, il se pencha au-dessus de l'évier et s'inonda le visage d'eau. Ça faisait un mal de chien ! Il tenta de rouvrir les yeux petit à petit, pleurant tout ce qu'il pouvait ; sa vue était trouble mais ce n'était déjà pas si mal : il voyait. Il s'épongea le visage à l'aide d'un torchon et lança un regard meurtrier à la bouteille qui trônait sur la table. Non, on ne se foutait pas impunément de lui sans en subir les conséquences... ! Il empoigna l'objet de sa rage, revissa le bouchon et secoua énergiquement. Lorsque ce fut fait, il dévissa le bout de plastique rouge avec précaution, laissant échapper un léger chuintement avant de revisser et de recommencer. Lorsqu'il n'entendit plus ce petit bruit caractéristique, il goûta : effectivement, il n'y avait plus de bulles... Et c'était infect ! Il plaignit mentalement son frère et vida la bouteille dans le verre. Il ne restait que ça... Il s'était ramassé la moitié dans la figure.

Pris d'une impulsion soudaine, il posa la bouteille en plastique à même le sol et sauta à pieds joints dessus, se défoulant avidement, une grimace sadique se peignant sur son visage. Ça lui faisait un bien fou ! Jamais il n'aurait cru cette méthode aussi radicale !

« Haha ! Tu la ramènes moins, maintenant, hein ? T'as compris qui était le maître, putain de bout de plastoc ? Hahaha ! Je vais te réduire en bouillie ! T'aplatir ! Te faire fondre ! Te... ! »

« Bill ? »

L'intéressé arrêta de sauter sur la malheureuse bouteille et leva les yeux, croisant le regard de son frère. Ce dernier le considérait avec perplexité, haussant un sourcil : qui était vraiment le plus malade des deux ?

« Tu peux me dire ce que tu fais ? »

« Je règle mes comptes. » répondit simplement le jeune chanteur.

« Tu es conscient que c'est une bouteille de coca vide ? » insista tout de même le guitariste.

« Mais oui, tout à fait. »

« Oh. Alors tout va bien... Enfin, je suppose. »

« Qu'est-ce que tu fais debout ? » lança Bill d'un ton inquisiteur. « Va te coucher ! »

« J'avais soif. » grogna Tom.

« Ah. Sur la table. »

Le châtain tourna la tête, regardant d'un air dubitatif le verre qui se trouvait sur ladite table. Ses yeux allèrent du verre à son frère et inversement, il lâcha :

« Du coca ? »

« Tu peux. J'ai enlevé le gaz. C'est dégueu, mais il paraît que c'est très bon contre les vomissements. »

« Ah... » Tom ne semblait pas convaincu.

« C'est Gustav qui me l'a dit. » soupira Bill.

« Oh. Si ''mère-poule'' te l'a dit... »

Le brun esquissa un sourire à l'entente du surnom de leur batteur mais ne fit pas de commentaires. Son jumeau avait déjà repris quelques couleurs... Il s'approcha de lui et posa la main sur son front : il avait aussi moins de fièvre. Dormir lui avait fait du bien. Il esquissa un sourire, attendant patiemment que son vis-à-vis ait fini de boire pour lancer :

« Retourne te coucher. »

« J'suis plus fatigué... » protesta Tom.

« Taratata, va te coucher. Allez, au trot ! » il pointa un doigt en direction du canapé.

« Je m'ennuie. » soupira le guitariste.

« Toooooom... » menaça son frère.

« On joue à la PS ? »

« ... » c'était tentant. « Ok. Va sur le canapé, je vais chercher la console. »

« C'est une obsession chez toi. » sourit son jumeau, content de l'avoir fait céder.

« Tooooooom... ! »

« J'y vais ! »

Bill esquissa un sourire : il était content de voir que sa moitié allait un peu mieux. Suffisamment du moins pour faire des caprices et rejoindre le canapé en trottinant. Il alla dans sa chambre, attrapa la console et les manettes puis retourna dans le salon pour effectuer les branchements. Tom affichait un large sourire, assis en tailleur, la couverture sur les épaules ; son frère lui tendit un élastique :

« Pour tes cheveux. »

« Danke. » le remercia l'intéressé en se les attachant.

« Bitte. »

« Je vais t'écraser. » sourit de plus belle le guitariste.

« C'est ça. On joue à quoi ? » demanda son interlocuteur.

« Soul Calibur. J'veux t'écrabouiller. »

Bill lui adressa un regard signifiant « c'est beau de rêver, tu te crois drôle ? » et lui tendit une manette. Tom la prit et le jeu put commencer, dans la joie et la bonne humeur. Ils jouèrent un long moment pendant lequel ils étaient littéralement coupés de la réalité, savourant simplement ce sentiment de rivalité qui brûlait en eux. Ce fut la sonnette qui les tira de leur transe :

« Han ? Qui ose ? » grogna le chanteur.

« Sais pas... Va voir. » répliqua son jumeau.

« Eh, j'suis pas ton chien ! » protesta Bill.

« Mais moi, je suis malade ! » se défendit son vis-à-vis avec un large sourire.

Le brun grommela, se demandant si son frère n'était pas guéri, mais aussi vite, c'était peu probable. Il se traîna jusqu'à la porte et ouvrit :

« Was ? »

« Sympa l'accueil... »

« Ah, Georg, Gustav... Guten Tag. » sourit Bill.

« On s'inquiétait alors on est venu... » expliqua le batteur.

« Et vu ton humeur massacrante, tu as déjà dû achever ce pauvre Tom. » commenta leur aîné.

« Tom ? Il se porte comme un charme. » grogna le chanteur. « Entrez, restez pas dehors. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les deux garçons se laissèrent entraîner dans le salon où un guitariste au sourire rayonnant les accueillit :

« Guten Tag ! »

« Ben, il n'a pas l'air si mal en point... » soupira Georg.

« Moi qui trouvait Bill paniqué au téléphone, je me suis inquiété pour rien. » approuva Gustav, souriant à son tour. « Content de voir que tu vas bien. »

« Il a passé sa journée à dormir. » grommela Bill. « Il a intérêt à aller bien ! »

« Bouh ! Le méchant ! » s'exclama Tom. « T'es pas content parce que je t'ai éclaté à Soul Cab' ! Mauvais perdant ! »

« Répète ! »

Leurs deux aînés échangèrent un sourire, regardant les jumeaux faire mine de se battre et de s'étriper, du moins, jusqu'à ce que le guitariste soit pris d'une quinte de toux, arrêtant net son frère :

« Tom ? Wie geht's ? »

L'intéressé secoua négativement la tête, étouffant sa toux de sa main. Son corps semblait pris de convulsions et son visage était déformé par la douleur ; Bill allait lui demander s'il voulait quelque chose lorsque le châtain se pencha vivement, attrapant la bassine pour s'y vider les boyaux. Gustav esquissa une grimace compatissante : Tom n'avait que de la bile à vomir, ce qui n'était pas des plus agréables. Pris de spasmes, le guitariste restait courbé sur la bassine, crachant ce qu'il pouvait, la gorge en feu.

« T'avais dit que le coca sans bulles arrêterait les vomissements. » lança le chanteur d'un ton accusateur à l'intention de leur batteur.

« Ça calme petit à petit. » soupira Gustav. « Il en a bu beaucoup ? »

« Un verre. » répondit Bill.

« Bah, un verre, c'est rien. » répliqua son aîné. « Normal que ça n'ait pas beaucoup d'effet. Je vais en préparer d'autre. »

« Tu connais le chemin du frigo. »

Le batteur hocha la tête et partit en direction de la cuisine. Le jeune chanteur passa une main dans le dos de son frère qui vomissait pour la troisième fois :

« Schuldi... J'aurais dû t'en faire boire plus... »

Tom reprenait sa respiration, l'estomac encore compressé par le sursaut de ses muscles. Georg lui tendit un mouchoir qu'il accepta avec joie. Il avait presque oublié qu'il était malade... Et là, tout le monde était là, il n'y avait pas que Bill. Ravalant son orgueil, il s'essuya la bouche et se redressa, inspirant profondément.

« Tu te sens mieux ? » s'inquiéta Bill.

« Ja... » souffla le guitariste.

« Tiens, bois ça... »

Il accepta le verre de coca que lui tendait leur batteur et l'avala à petites gorgées. Ce n'était pas ce qu'il avait ingurgité de meilleur, mais il n'allait pas se plaindre du moment que ça atténuait le goût amer de la bile qui subsistait dans sa bouche. Un regard circulaire l'informa qu'il était le centre de l'attention, ce qu'il n'aimait pas particulièrement, surtout en ces circonstances, il se força à sourire :

« On se fait une partie de castagne ? Y a quatre manettes... »

« Tom, wie geht's ? » insista Bill.

« Je sais pas s'il ne vaudrait pas mieux que tu te reposes. » commenta Gustav d'un ton grave.

« Hum. » approuva Georg.

« Eh, c'est bon, je suis pas mourant... ! » grogna le guitariste.

« C'est pas la question... » soupira l'aîné du groupe.

« Je me sens bien ! » reprit le châtain. « J'ai pas envie de me faire chier à essayer de dormir, j'ai pas sommeil ! Je suis pas aussi faiblard ! »

« Tom, on ne dit pas que tu es faible... » murmura le batteur.

« Je vais bien ! » le coupa Tom, excédé. « De toute façon, si on joue pas à quatre, je jouerais tout seul, ça vous va ? »

Ils ne répondirent rien. Bill esquissa un sourire : son frère était vraiment têtu. Gustav soupira, ne sachant trop que penser et Georg n'était pas mieux ; ce fut le jeune chanteur qui lança :

« Bon, on joue ? »

Le sourire que lui adressa Tom l'informa à quel point ce dernier lui était reconnaissant ; ils s'assirent tout les quatre et entamèrent les hostilités à peine le nouveau jeu chargé :

« Je prends Link. » annonça Bill.

« Zelda. » renchérit Tom.

« Yoshi. » déclara Gustav.

« Peach. » rit Georg. « Gare aux baffes de la princesse ! »

« Ça va être un Mario VS Zelda ! » sourit le chanteur.

Ils débutèrent le jeu, criant et riant à qui mieux mieux. C'était une ambiance bon enfant qui n'appartenait qu'à eux, s'amusant jusqu'au soir. Lorsqu'ils arrêtèrent, le batteur n'en revint pas :

« Il est 20h30 ! Je vais me faire tuer ! »

« A ce point ? » s'étonna Bill.

« Bon débarras ! » lança le bassiste sur un ton gentillet.

« Tuuu vas mouriiiiireuh et je vais bien riiiiireuh. » chantonna le guitariste.

« Merci, les gars, j'adore votre sollicitude... » grogna Gustav. « Georg, tu me ramènes ? »

« Bien sûr. » approuva ce dernier.

« A plus. » lancèrent les jumeaux sans prendre la peine de les raccompagner.

Ils s'étaient bien amusés, c'était tout ce qui comptait. Bill se leva et alla chercher la bouteille de coca, servant un verra à son frère, il allait boire lorsqu'il réalisa qu'il s'apprêtait à s'abreuver au goulot. Remarquant son geste, Tom laissa échapper un petit rire :

« T'inquiète, ça me gêne pas. T'as pas la galle de toute façon. »

Le brun hocha la tête et étancha sa soif, grimaçant au goût du coca dépourvu de bulles : non, il ne s'y ferait pas de si tôt. Il essuya quelques vannes de son jumeau et se leva, laissant la bouteille près de la table ; il se rendit dans la cuisine, remplit une nouvelle assiette de soupe de riz, la fit chauffer au micro-onde et l'amena à son frère :

« Désolé, tu vas devoir supporter une nouvelle fois ma tambouille. »

« Bah, c'est pas mauvais. Ça manque de sel, mais c'est plutôt bon, pour une fois. » sourit Tom.

« Fous-toi de moi. » grogna Bill, reconnaissant bien à contrecoeur que son frère était bien plus doué en cuisine que lui, quoique, Tom n'était capable que de faire des oeufs sur le plat.

« Si, si, c'est bon. » insista le guitariste. « Ça serait bien si tu cuisinais toujours comme ça, j'aurais pas besoin de rattraper tes bourdes ! »

« Je t'emmerde ! » pesta le chanteur, lui donnant un coup amical dans l'épaule.

« Héhé, pour changer. »

Bill jeta l'éponge et alla se chercher son repas qui se résumait à... Du pain et du nutella. Tom haussa un sourcil et leva les yeux vers son frère :

« C'est tout ce que tu vas manger ? »

« Ouais... Y a plus de soupe et je sais rien faire d'autre. Et puis ça prend trop de temps de cuisiner. J'aime pas. » répliqua son vis-à-vis.

« Ah... Tu vas grossir ! » rit le guitariste. « Ça sera moche à l'écran ! »

« Tom... Tu surveilles encore moins ton alimentation que moi et, que je sache, on fait le même poids. » soupira Bill en s'enfournant une tartine. « Et on n'a qu'une vie alors autant en profiter. »

Son interlocuteur approuva d'un signe de tête et avala son repas ; ce n'était pas bien fameux, certes, mais au moins ça ne lui retournait pas l'estomac. En revanche, le goût du dentifrice, lui, manqua de le faire vomir lorsqu'il alla se laver les dents ; les yeux larmoyants, il termina sa besogne et retourna se coucher, laissant la place à son frère qui avait en plus besoin de se démaquiller. Les couvertures sur le canapé semblaient l'attendre. Bill avait dû en rajouter... Il s'allongea et attendit. Le jeune brun ne tarda pas à arriver, il se pencha sur son jumeau :

« Ça va ? T'as assez de couvertures ? »

« Ouais... Danke. » lâcha Tom en se recroquevillant un peu.

« T'es sûr ? » insista le chanteur.

« Oui, pourquoi ? » le guitariste ne le regardait pas, trop concentré sur la sensation de froid qui le poursuivait.

« Parce que tu trembles. »

Bill plaça sa main sur le front de son vis-à-vis, il avait encore un peu de fièvre. Et dormir dans le canapé n'était pas la meilleure solution... Peut-être serait-il mieux que son frère aille dans sa chambre ? Son teint pâle faisait peine à voir sur la couleur sombre du cuir du canapé. Le brun soupira :

« Décale-toi. »

Tom leva brusquement les yeux vers son frère, lui lançant un regard interrogateur. Bill soupira une nouvelle fois et le poussa, s'allongeant à ses côtés : il avait ramener la couette des parents et celle de son frère, il ne restait plus que la sienne et elle ne suffirait probablement pas. Autant faire ce qu'il pouvait pour réchauffer son jumeau : il l'enlaça et se colla à lui, mêlant leurs jambes.

« C'est mieux comme ça ? »

« ... Ja... Danke. » murmura le guitariste.

« Bitte. »

Il pouvait sentir le souffle chaud de son frère dans son cou, celui-ci y ayant niché son visage. Ce n'était pas désagréable. Il esquissa un sourire et caressa doucement le flanc de Tom à travers son T-shirt :

« Ça va aller, tu verras... Tu vas guérir vite. »

Pour toute réponse, le guitariste nicha un peu plus sa tête dans son cou, le serrant contre lui. C'était une douce chaleur qui les berçait, Bill s'endormit rapidement, savourant ce doux cocon dans lequel se trouvait son corps...

OoOoO

Un bruit de vaisselle le tira de son sommeil, il ouvrit péniblement les yeux et, remarquant que la luminosité avait changé, jeta un coup d'oeil à la pendule : dix heures. Il grimaça et bougea un peu : il était bien, enroulé dans cette atmosphère chaleureuse... Huh ? Il manquait quelqu'un.

« Tom ? »

Le jeune brun se redressa, passant une main dans sa tignasse sombre. Son regard fit le tour du salon, l'esprit encore embrumé par le sommeil, il appela une nouvelle fois son frère ; une réponse lui parvint de la cuisine.

« Parce qu'il faut que je me lève en plus... ? » grommela l'adolescent.

S'exécutant, Bill parvint à s'extirper de son coin douillet et alla jusqu'à la cuisine où son frère s'activait visiblement à préparer quelque chose ; une vague sensation de patauger dans les méandres de son esprit l'empêcha de parler tout de suite. Il s'immobilisa dans l'entrée de la pièce, appuyant négligemment son épaule contre le mur ; il se massa les tempes et lança :

« Qu'est-ce que tu fais... ? »

« Ah. Hallo Bill. » le salua joyeusement son frère. « Bien dormi ? »

« Ouais, mais tu ne réponds pas à ma question... » répliqua le brun.

« Je me sens vraiment bien aujourd'hui. Je n'ai presque plus de fièvre, c'est grâce à toi, danke. » sourit de plus belle le guitariste.

« Ah... » répondit simplement le chanteur d'une voix pâteuse. « Et qu'est-ce que tu fais ? Deuxième édition. »

« Heu... Ben, à la base, c'était des oeufs sur le plat, mais ça sera des oeufs brouillés finalement. » grimaça son vis-à-vis. « Ça ne te gêne pas ? »

« Nan... » articula Bill. « Mais tu crois vraiment que c'est ce qu'il te faut ? T'as encore vomi cette nuit, je te rappelle... Même que j'ai bien cru que c'était pour moi... »

« T'inquiète pas. » le rassura Tom. « Si ça veut pas rester, ça restera pas. Mais j'ai envie de manger des oeufs aujourd'hui. »

« Ah... »

Bill s'avança d'un pas traînard jusqu'à une chaise et s'y installa, attrapant un pot de nutella neuf, du pain et un couteau ; son jumeau s'en amusa : il y en avait encore un d'entamé dans le salon, mais il ne fallait pas demander à sa moitié de réfléchir de manière censée dès le matin. Le jeune brun avait toujours besoin d'un moment pour se réveiller pleinement, ce qui l'amenait parfois à se badigeonner la main de nutella et à croquer dans une tartine de pain sans garniture ; spectacle qui faisait énormément rire Tom.

« Laisse, je vais t'en faire. »

« Mû ? » demanda son interlocuteur, un morceau de pain nature dans la bouche.

« T'as vraiment du mal à te réveiller, toi. Comment tu fais ? »

Ne s'attendant pas à une quelconque réponse, le guitariste attrapa le couteau et tartina quatre morceaux de pain qu'il déposa devant son frère, ce dernier le remerciant vaguement d'un léger mouvement de tête. Les oeufs étant cuits, Tom les mit dans une assiette qu'il posa sur la table, piquant dedans avec une fourchette ; ce fut à ce moment-là que Bill émergea :

« Ah... ! C'est pas vrai... ! » grogna-t-il en agitant sa main tartinée.

« Oh, Monsieur se réveille ? » ricana son jumeau.

« Tiens ? Tu te sens mieux, toi ? » lança le brun comme s'il le voyait pour la première fois de la journée.

« Ouais. » sourit Tom, amusé. « J'ai fait des oeufs brouillés, si t'en veux... »

« Ah, cool. Danke ! »

Le chanteur alla directement se nettoyer la main et revint pour piquer une bonne part dans l'assiette que son frère avait préparée. Le guitariste le regarda avaler la quasi-totalité du plat avant de lâcher :

« Content que ça te plaise. »

« Beaucoup, danke. »

« Ma part était bonne ? » grimaça-t-il.

« Ta part ? » Bill reporta les yeux sur l'assiette. « Ah... Schuldi... »

« T'as l'air vachement désolé. » commenta son jumeau.

« C'est parce que je ne le suis pas. Mon ventre n'est jamais désolé de rien. » sourit le brun en ingurgitant la dernière bouchée.

« Je vois ça... »

Bill esquissa un nouveau sourire avant d'aller piocher une tranche de jambon dans le frigo, il avait toujours eu une incroyable capacité à pouvoir avaler le matin tout ce qui n'était pas cloué au sol. Le guitariste ne fit aucun commentaire et préféra se rabattre sur les tartines de nutella ; absorbé par sa tâche, il sursauta presque en sentant la main fraîche de son frère se poser sur son front :

« Effectivement, tu n'as presque plus de fièvre... C'est dingue. »

« Une bonne nuit et ça repart. » répliqua fièrement Tom.

« Mouais... Si c'est pour guérir en une nuit, ce n'est pas la peine de tomber malade. » soupira son vis-à-vis.

« Oh, pourquoi ? Tu préférais quand j'étais malade ? » sourit le guitariste.

« Peut-être. »

« Bill ? »

« Je vais prendre ma douche. »

Et sur ces quelques mots, l'adolescent s'évapora dans le couloir, laissant son jumeau perplexe. Il se débarrassa de ses vêtements et actionna le jet d'eau, c'était tiède et agréable. Moins que le cocon dans lequel il avait dormi, certes, mais ce n'était déjà pas si mal... Se détendant un peu plus sous l'eau, il entreprit de se laver les cheveux, remarquant au passage leur état :

« Tss... Va falloir que je me calme sur les colorations... Nan, ça serait encore plus moche. »

Il rinça sa tignasse et captura le savon, se frottant énergiquement la peau. Il aurait pu se prélasser des heures sous la douche, mais son frère avait également besoin de prendre la sienne : il sortait d'une crève, inutile de lui piquer toute l'eau chaude. Laissant la place à son jumeau, il s'habilla mais demeura tout de même dans la salle de bain :

« Ça t'ennuie si je reste ? Faut que je me sèche les cheveux... »

« Nan, nan, vas-y. » l'autorisa le châtain en actionnant le jet d'eau. « Ah, tiens, y a encore de l'eau chaude. Miracle ! »

« Gnagnagna. » grimaça Bill en attrapant le sèche-cheveux. « J'aurais mieux fait de tout prendre. »

Tom ne répondit pas. Haussant les épaules, le brun entreprit de faire sécher sa tignasse ; c'était le bon côté de ses cheveux à moitié transformés en paille par les colorations : le processus n'était pas très long. Ceci fait, il les lissa, puis attrapa son petit flacon d'eyeliner, commençant à faire minutieusement le contour de ses yeux.

« Tu te lasses jamais ? » rit son frère en sortant de la douche, une simple serviette autour de la taille.

« J'ai une sale tête sans maquillage. » répondit Bill.

« Merci. » grogna son vis-à-vis.

« On n'a pas le même look. » murmura le brun sans interrompre son travail. « Toi, ça te va bien de ne pas en mettre. Pas moi. »

« Mais si, même sans, je suis sûr qu'au moins la moitié de l'Allemagne veut te passer dessus. »

« Danke... » grimaça le chanteur, tournant la tête vers son jumeau. « C'est très rassurant, vraiment. »

« Sympa l'½il au beurre noir. »

« Tom. »

« Ok, j'arrête. »

Le guitariste se tut, observant sa moitié dessiner le contour de son deuxième oeil ; ça l'amusait de voir l'importance que Bill accordait au maquillage : il devait être aussi obsédé qu'une fille par ces babioles. Il s'approcha et s'appuya au lavabo, à côté de lui :

« Même une fille n'est pas aussi accro. »

« Lâche-moi, Tom. » soupira son vis-à-vis.

« Le prend pas mal, c'était pour rire. » murmura son frère.

« Ouais, ben, à force, ça devient lourd. » répliqua sèchement le brun.

« Ok, ok. Viens me voir quand tu seras mieux luné. »

Sur ce, le châtain se redressa et partit dans sa chambre pour s'habiller. Bill termina rapidement de se maquiller et inspecta son travail à la recherche d'une quelconque imperfection ; qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire qu'il soit super minutieux ? Son jumeau l'énervait parfois. Mais... Peut-être y était-il allé un peu fort ? Il reposa sa bouteille d'eyeliner et sortit de la salle de bain, se rendant dans la chambre de son guitariste ; ce dernier s'était vêtu d'un jean ample, retenu par une ceinture à mi-fesses, et d'un large t-shirt noir, il attachait ses dreads en queue de cheval haute. Remarquant la présence de Bill, il lui adressa un regard interrogateur qui poussa le brun à détourner le sien :

« Désolé pour ce que j'ai dit... Je le pensais pas vraiment... »

« C'est pas grave. » sourit son frère. « Je sais que c'est lourd d'entendre toujours la même rengaine. C'est moi qui m'excuse. »

« Non, c'est pas ça. » nia le chanteur. « Quand c'est les autres, ça me fait chier, c'est vrai. Mais avec toi, c'est parce que j'ai l'impression que j'arrive jamais à trouver une réponse pour te casser, alors ça m'énerve. »

« Désolé de t'énerver. » ricana Tom qui ne pensait visiblement pas ce qu'il disait.

Bill plissa le nez mais s'abstint de tout commentaire, fixant un poster au mur d'un air boudeur. Le guitariste s'en amusa et s'approcha :

« Tu m'en veux ? »

« Nein. » soupira son interlocuteur.

« Lügner (menteur). »

Le jeune chanteur pinça légèrement les lèvres mais ne répondit pas, ce qui valait tous les mots du monde ; un sourire amusé étira les lèvres de son frère : il avait vu juste. Il s'approcha et lui ébouriffa affectueusement les cheveux, ce qui eût pour effet de faire grogner Bill : il n'aimait pas ça.

« Allez, arrête de bouder. »

« Je boude pas. »

« Si, tu boudes. »

« Nein. »

« Si. »

« Nein. »

« Si. »

« Maintenant, oui. »

Tom soupira. Son jumeau pouvait se montrer très mature mais aussi parfaitement gamin ; le problème était qu'il était également passablement rancunier. Il se pencha un peu plus vers lui :

« Je m'excuse, ça te va ? »

« Hn. »

« Bill... »

Il avait exactement les mêmes manières qu'un chat lorsqu'il boudait, à savoir se tenir devant la source de son énervement et tourner la tête sur le côté. C'était si ressemblant que le guitariste laissa échapper un petit rire, s'attirant un regard noir de la part de son vis-à-vis ; il leva les mains en signe de capitulation :

« Stop. Je me rends. »

Le brun esquissa un sourire et se détourna pour aller dans sa chambre : il avait gagné. Quoi, il n'en savait rien, mais ce simple sentiment de satisfaction lui suffisait. Il contempla le désordre qui régnait dans sa chambre et soupira : il ne savait plus ce qu'il voulait faire ; il se rendit donc au salon où son frère avait repris place dans la canapé et feuilletait le programme télé.

« Quelque chose d'intéressant ? »

« Nein. » lâcha son frère.

« Même pas un film de cul ? » insista-t-il.

« Tu regardes ça, toi ? » s'étonna Tom.

« Nein, je pensais à Georg. Il va s'ennuyer ce soir. » sourit Bill.

« T'es vache. » rit son jumeau. « Mais y en a un, si... »

« Quelle heure ? »

« Je te trouve bien curieux. » sourit malicieusement le guitariste.

« Je me renseigne. » répondit son vis-à-vis sur le même ton, souriant de toutes ses dents.

« C'est ça, ouais. » ricana Tom. « 23h10, canal 23 (2). »

« Danke. »

Bill attrapa son portable qui était resté sur la table et tapota vivement les touches, envoyant un SMS à leur bassiste sous le regard hilare de son jumeau.

« Voilà, il est au courant ! » claironna le brun.

« T'es vraiment un crevard ! » rit le guitariste.

« Mais nan, il me remerciera. » renchérit Bill.

« Tu lui as envoyé quoi ? Parce qu'il a pas le programme télé chez lui... » lui fit remarquer son frère.

« Je l'ai juste informé qu'il y avait un programme culturel intéressant à 23h20 sur le canal 23. » sourit-il.

« 20 ? Mais c'est à 10... » corrigea Tom.

« Oui, mais avec un peu de chance, il tombera sur LE moment et on rigolera bien quand il répondra à mon SMS. »

Les deux garçons partirent dans un fou rire en imaginant la tête de leur aîné devant le petit écran, ils eurent besoin d'un bon quart d'heure pour se calmer et s'installèrent plus confortablement afin de pouvoir jouer avec leur console. Leurs parents n'étaient pas là, ils n'avaient pas de répétition, c'était les vacances... Que demander de plus ?

« Nutella ! » Bill se jeta sur le pot resté dans le salon et s'en prépara une tartine sous le regard effaré de son frère.

« Mais t'es un monstre ! »

« Kôa ? »articula le brun, sa proie en bouche.

« T'en bouffes depuis hier. » lui fit remarquer son vis-à-vis.

« Et ? »

« Non, rien... »

Mieux valait ne pas déranger le Bill qui mange. Ils passèrent une bonne partie de la journée plongés dans leurs jeux, se tapant dessus virtuellement, riant aux éclats et savourant ces moments de délire. Ce ne fut qu'un grognement du ventre de Tom qui les tira de leur petit monde de castagne :

- GRAAAAAOOOOOOOOOOOOOOOOOOOWWWWWWWWW -

« Oups. »

« C'était ton ventre, ''ça'' ? » demanda le brun, effaré.

« Ben ouais. » admit son jumeau. « Je ne me gave pas de tartines au nutella, moi. »

« Mouais... » grogna Bill. « Y a du jambon dans le frigo. »

« Super le repas. 'Doit bien y avoir autre chose... »

Aussitôt dit, aussitôt fait : le châtain partit à l'assaut de la structure frigorifique et l'examina avec la minutie d'un chirurgien. Il haussa bientôt les épaules et alla faire le tour des placards ; son jumeau le regarda faire et esquissa un sourire en le voyant revenir avec une boîte de biscuits apéritifs :

« Tu pouvais te foutre de moi et de mon nutella. »

« Y avait rien qui me tentait. » se justifia le garçon aux dreads.

« Ben voyons. »

Tom haussa les épaules et commença à engloutir son ''repas'', il en proposa tout de même à son frère qui louchait dangereusement dessus. Le paquet fini, ils se firent un dernier combat avant d'arrêter :

« Qu'est-ce qu'on fait ? » demanda Bill.

« J'vais me laver les dents, je pense pas que je mangerais autre chose... »

« C'est vraiment une manie chez toi. » rit le brun.

« Passe une journée à vomir et je te garantis que tu vénèreras ta brosse à dents. » répliqua son interlocuteur.

« Bon, ben, je te suis. »

Les deux garçons se rendirent dans la salle de bain et s'exécutèrent. Le brossage de dents dégénéra rapidement en bataille d'eau, chacun cherchant désespérément à arroser méchamment l'autre : ils ne s'arrêtèrent que trempés jusqu'aux os. Tom attrapa deux serviettes et en jeta une à la tête de son frère avant de s'échapper en courant vers le salon pour aller s'écraser dans le canapé, rapidement suivi de Bill qui prit un malin plaisir à lui sauter dessus dans le but de l'écrabouiller. Ils se chamaillèrent pendant quelques minutes, s'échangeant des petites baffes, des coups dans les côtes et autres attentions toutes aussi charmantes. A bout de souffle, le sourire aux lèvres, ils se séparèrent et essayèrent de se calmer ; le guitariste se leva :

« Je vais me changer... »

« Ouais, je crois que je vais faire pareil... » acquiesça Bill, admettant qu'il était aussi trempé que son frère.

Le châtain hocha la tête et se rendit dans sa chambre. Son placard lui tendait les bras, il attrapa un jean, un boxer et un t-shirt qu'il passa de suite, fixant son pantalon à l'aide d'une ceinture. Revenant dans le salon, il y trouva son jumeau, vêtu d'un t-shirt ample et d'un caleçon :

« Tu t'es mis en pyjama ? »

« Ouais... » approuva le brun en allumant la télé.

« Et tes bracelets de force, c'est pour faire joli ? » rit Tom.

« Ah... Nein, c'est juste que j'ai oublié de les enlever. » répondit son vis-à-vis.

« Et le canal 23, ça aussi, c'est pour faire joli ? » interrogea le guitariste en désignant la télé.

« J'me cultive. » sourit son jumeau.

« C'est ça. »

Tom se laissa tomber sur le canapé, posant sa tête sur les jambes croisées de son frère ; ce dernier baissa les yeux quelques secondes avant de reporter son attention sur la télé. C'était une vieille série sans intérêt. Le guitariste observa un moment de silence, puis étouffa un rire qui intrigua son chanteur :

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Nein, rien... Je me souvenais juste d'un truc que m'avait dit quelqu'un. » murmura le châtain en essayant de se calmer.

« Raconte. » s'amusa Bill.

« C'est moche. » sourit Tom.

« Ben, raconte. » insista le brun.

« Ok... Tu connais le point commun entre un lapsus et un cunnilingus ? » demanda son frère.

« Han ? » son vis-à-vis haussa un sourcil et réfléchit quelques secondes. « Nan, je vois pas... »

« Dans les deux cas, tu fais une erreur de langue et t'es dans la merde (3). » répondit-il.

« Que... Ah ! Tom ! » s'exclama Bill, le visage déformé par une grimace de dégoût. « T'es ignoble ! »

« 'Pas moi. C'est Gustav qui me l'a racontée. » se défendit son interlocuteur.

« Gustav ? » reprit le brun, écarquillant les yeux.

« Ja. »

« Gustav comme Gustav ? »

« Ja. »

« Gustav notre batteur ? »

« Ja. »

« Gustav-j'ai-une-tête-d'ange-naïf-qui-ne-sait-pas-ce-qu'est-une-histoire-de-cul ? »

« Ja. »

« Chuis choqué... »

« Tu peux. »

Bill plissa le nez et donna une tape sur la tête de son frère qui éclata de rire ; il soupira et secoua négativement la tête, blasé. Une nouvelle grimace se dessina sur son visage alors qu'il se repassait l'histoire dans la tête :

« Ah... ! J'aurais pas cru ça de Gustav... »

« Pourquoi ? » s'étonna Tom. « C'est un garçon comme un autre. »

« Nan, c'est Gustav-mère-poule-pure-et-innocente. » rectifia le chanteur.

« Héhé, comme quoi... » sourit son vis-à-vis.

« Argh, j'ai l'image en tête en plus... Bah. » grogna le brun.

« Quoi ? Tu l'as déjà fait à une de tes copines. »

Seul le silence lui répondit. Intrigué, Tom releva la tête pour voir son frère, le visage dans la main, le coude sur l'accoudoir, le regard fuyant. Non... ?

« Tu l'as fait à la dernière ? » s'amusa le châtain.


A SUIVRE (oui, je suis SADIK d'arrêter la...)
piX : LA PLUS BELLE OEUVRE DE SAHAD, SPECIALEMENT POUR CETTE FIC

# Posté le dimanche 18 février 2007 18:29

Modifié le mercredi 09 janvier 2008 16:19

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